En vue ..!

Laurent PLET

Facteur d'orgues




     Ce site Web vient à peine de naître que nous le trouvons encore bien léger... Par ailleurs, d'aucuns pourront constater de grandes similitudes entre sa mise en page et celle de l'Hydraule La chose est facilement explicable puisque les deux sites sont liés par un même Webmestre. Mais passé la simple présentation, le contenant, il nous a semblé important de privilégier le contenu. Laurent Plet travaille depuis plus de quinze ans à la restauration d'orgues anciens, principalement du XIXe siècle. Des dossiers de restauration ont, dans ce cadre, été rédigés et mis en page sur papier, mais ils ont abouti dans une armoire de l'Administration à une place probablement très vite oubliée. Le cas s'est ainsi posé assez récemment chez un facteur d'orgues de nos connaissances, qui, ayant perdu les négatifs photographiques de ses relevés, demanda à l'Administration un exemplaire de son dossier déposé quelques mois plus tôt, et se vit obtenir une fin de non-recevoir pour cause de « perte du dossier ». Ce cas n'est probablement pas d'espèce ; il doit pouvoir se décliner dans des tonalités toutes plus difficile à entendre les unes que les autres.

     Il nous semble aujourd'hui intéressant de rendre nos mesures et études d'instruments historiques accessibles au grand public dans la mesure où elles n'ont pas déjà été publiées de façon traditionnelle comme c'est le cas pour les instruments de Saint-Dizier et de Long. De même, nous ne referons pas le travail de mise en ligne du relevé de l'orgue du Grand Temple de Saint Hippolyte du Fort, car sa mise à jour après la restauration par Laurent Plet a été faite lors de sa mise en ligne sur la toile.

     Une restauration historique est un travail de longue haleine, s'étalant souvent sur plus d'une année pour un seul orgue. Si les démarches administratives, souvent fastidieuses, sont généralement connues des commanditaires (et pour cause...), il est clair que la démarche du restaurateur, son quotidien, sa recherche, ses errements parfois, sont, à ce jour, totalement ignorés du grand public. C'est donc avec une optique volontairement didactique que seront publiées dans les prochains mois (ou années...) les études d'instruments et l'histoire de leur restauration sur ce fabuleux média qu'est le Web.

     À l'instar des remarques faites par des internautes avertis à la suite de la publication du relevé de restauration de l'orgue de Saint Hippolyte du Fort, certains objecteront peut-être que les données publiées ici sont trop spécialisées pour un public de non professionnels. Mais peut-on dignement trouver une utilité quelconque à un travail si celui-ci n'est pas donné à lire à un public, fut-il restreint ? Et les non-spécialistes, enfin, n'auraient-ils pas le droit de savoir qu'une taille de tuyau ou le tracé d'un porte-vent n'est pas le fruit du hasard mais celui d'une réflexion commune entraînant toujours dans sa course le facteur, bien sûr, mais aussi, le technicien conseil, l'architecte des Monuments Historiques, l'organiste ou le rapporteur ? On peut aussi se poser la question de savoir par qui et pour qui sont faites les restaurations d'orgues anciens et arriver très vite à l'évidence que tout repose sur le porte-monnaie du contribuable... Le décevrons-nous en lui rendant compte - directement - de nos travaux ? Où bien faut-il égoïstement conclure qu'il lui suffit amplement d'écouter les orgues restaurés sans avoir pu un instant prendre connaissance de ce que fut notre travail pour arriver à cette finalité ?

     C'est ainsi qu'à partir d'une présentation de type plaquette, assez rapidement mise en place, nous chercherons toujours à étoffer le plus possible les données relatives à un orgue afin, précisément, d'éviter le superficiel. Mais tout cela a un prix ; celui-ci se payera en patience et longueur de temps car mettre en place sur la toile un dossier qui n'a pas été prévu pour, relève souvent de la gageure et il est nécessaire de ne pas trop compter le temps consacré à ce travail pour ne pas être trop démoralisé... Par contre, il nous semble que les données une fois numérisées et rendues accessibles par l'intermédiaire du réseau des réseaux et de son standard HTML amènent une dimension de plus à la découverte des orgues et ne peut qu'inciter les chercheurs, les curieux ou autres honnêtes hommes à approfondir leurs recherches dans un esprit d'échange, pour le plus grand bien de tous.

     Il fallait donc bien commencer par un orgue... Le choix du relevé de celui d'Auxonne s'est assez rapidement imposé malgré la somme considérable de documents à traduire au format HTML, propre à la navigation sur la toile. Suivront ensuite d'autres textes et fruits de nos recherches qui accompagneront les compositions des instruments restaurés déjà présentes sur le site.


Bonne découverte !

Laurent PLET et Sébastien COSSON.